Un an!

BRÉSIL, ERASMUS 2012/2013, RIO DE JANEIRO

SONY DSC

Voilà, ça y’est, il y un an je posais pour la première fois mes pieds sur le sol brésilien. Un an, c’est peu dans une vie entière mais du haut de mes 21 ans c’est tout de même beaucoup. Je pense que c’est pour moi l’occasion de faire une sorte de bilan, de compte rendu de cette année qui est passée très très vite. Je pourrais aussi faire le point sur tous les sentiments que j’ai eu : la joie, le bonheur mais aussi la nostalgie et la tristesse. Pour info, il me reste encore un mois aussi, un tout petit mois qui va passer bien trop vite je le sens. Je compte en profiter au maximum ne vous inquiétez pas.

Donc revenons au tout début, vraiment tout début, quand j’ai dit au revoir à mes amis et à ma famille, clairement on ne se rend vraiment pas compte de ce qui nous arrive. On dit au revoir aux gens en sachant qu’on ne va pas les voir pendant plus d’un an mais en vrai on ne sait pas ce que ça fait. Donc des pleurs, des mots gentils, de l’amour, on apprend vraiment ce que les gens ressentent pour nous. Puis le départ arrive, je suis montée dans l’avion avec ma maman qui m’a accompagnée pendant les deux premières semaines. Là, première vague d’anxiété, je me rend compte que ça y’est c’est pour de bon. Puis les deux semaines passent, ma maman est toujours là, je peux toujours me reposer sur elle pour être conseillée et rassurée. On visite la ville, on a l’impression d’être en vacances, d’être en voyage et qu’on reviendra toutes les deux en France. Plusieurs fois pendant ces deux semaines j’angoisse tout d’un coup en m’imaginant être seule les jours suivants, les mois suivants, vais-je y arriver? Ma mère est là pour me rassurer, ça va… Puis elle s’en va, et je suis seule, mais encore une fois je ne m’en rends pas trop compte. Je rentre dans ma nouvelle maison, fais mes petites affaires. Je vais à une soirée où je rencontre quelques étudiants français, futurs compagnons de voyage. Et là, je tombe malade, super malade comme je ne l’ai jamais été. Une semaine clouée au lit avec de la fièvre, j’ai chaud, j’ai froid, des courbatures insupportables. Je pense même que c’est la dengue et j’apprends à mes dépens le fonctionnement brésilien : je fais des tests… qui sont perdus, je ne saurais donc jamais si c’était la dengue. Puis je me remet petit à petit et commence ma nouvelle vie au Brésil. Au début (mais au final je pense que je peux généraliser ça à l’année malheureusement) je ne suis pas trop en contact avec les brésiliens. On reste pas mal entre français. Je découvre la ville de long en large, je fais plein de randonnées (gros progrès pour moi qui déteste la marche) et je découvre des vues incroyables. L’école est toujours en grève. Je m’ennuie assez souvent car pas beaucoup d’amis et je commence déjà à tourner en rond. On est début septembre, ça fait à peine 2 mois mais je suis impatiente, j’ai plein de projets qui mettent du temps à se mettre en place… Puis je commence à voyager avec le petit groupe qu’on commence à former: Boris et Arthur avec qui je pars à Buzios, puis viennent s’ajouter Alexia et Alain pour Ilha Grande et enfin notre super Road Trip avec Fanny et Henri en plus. Là je commence à vivre la grande aventure. Je n’ai jamais voyagé seule (j’entends par là sans les parents, sans l’école) et là j’en prends plein la figure. Des paysages extraordinaires et tellement variés qu’on dirait qu’on voyage dans plein de pays différents, des rencontres avec des brésiliens et étrangers adorables, des rapprochements dans notre groupe où se lient de vraies amitiés, des petites merdes parce que sinon c’est pas drôles et ça laisse pas de souvenir. Bref un super voyage.

Puis la rentrée, la fac n’est plus en grève. Commence à se mettre en place une petite routine qui au bout d’un moment commence à peser… Je n’ai cours que le matin, la fac est super loin, les cours ne sont pas intéressants. Je repense à ma vie en France où je cours partout entre les cours, le boulot, le cheval, le sport et les soirées. Ici je n’ai plus ma passion pour l’équitation, je ne fais plus de sport (j’ai grossi) je ne vois plus mes amies tous les jours et mes collègues au boulot… Je m’accroche seulement à mes futurs projets quand je rentrerai en France, mes conversations quotidiennes avec mes parents sur skype et mes fins de semaine tous identiques à Lapa. Ça fait très pathétique comme ça, mais j’étais vraiment pas bien. Parce que déjà le quotidien en France c’est nul mais dans une ville comme Rio où tu sais que t’as une chance incroyable d’y être mais que tu tournes en rond. Il y a plein de choses à faire mais dur de faire ça toute seule. Je commence à me rendre compte que les amis que je me suis fait ne sont finalement pas super proche de moi, je me sens super seule… Bref c’est un peu la désillusion et je cherche désespérément a avoir le même train de vie avec les mêmes amitiés qu’en France. J’aimerai avoir ma vie en France mais à Rio…

Puis Noël arrive et là je suis contente car j’imagine que les mois vont passer très très vite car vacances paradisiaques + carnaval + arrivée de mes parents et ma soeur + projet de voyage en Amazonie. Et effectivement cela passe assez vite, mais j’ai toujours ce poids en moi. Les vacances à Bahia, de la folie. On passe Noël sur le sable chaud à l’ombre des palmiers, un de mes meilleurs moments ici. Mais j’imagine ma famille toute réunie en train de partager de beaux moments ensemble, petit pincement au coeur… En rentrant à Rio, j’en ai marre, je ne comprends pas mon cours de projet, c’est tellement différent de la France ; les brésiliens me saoulent : ils sont lents, ils en font des tonnes quand ils parlent et je ne vois que ceux qui ne sont pas sympas. Mais le Carnaval arrive et là une semaine de folie, j’en prends plein les yeux. Mais tout de même, si le carnaval était aujourd’hui, j’en profiterai 10 fois plus. J’ai adoré le carnaval, mais l’état d’esprit dans lequel j’étais a fait que je ne l’ai pas vécu à 100%… Après cette semaine dont je me souviendrai toute ma vie, je veux rentrer. J’en parle avec mes amies, je veux rentrer en mai ou en juin, tant pis pour les cours, je préfère partir de Rio avec une bonne image plutôt que de rester encore jusqu’en aout et que j’en sois dégoutée. À l’époque, mon petit neveu vient de naître, je veux le voir, Natacha est arrivée en Inde et j’ai envie d’aller la retrouver pour voyager avec elle, être avec quelqu’un de proche, quelqu’un comme moi… Et surtout je suis super dégoutée car le voyage que j’avais prévu en Amazonie est annulé car tous les gens avec qui j’étais censée partir laisse tomber pour faire d’autres plans dont je ne fais pas partie. Je me sens vraiment mal, un peu trahie, j’ai besoin de m’éloigner… Heureusement une proposition 1000 fois plus intéressante s’offre à moi : je vais retrouver Mathilde au Mexique et vais voyager avec elle au Costa Rica. Le truc dont j’avais besoin! Je meurs d’impatience pour que cette période commence mais déjà Lara et mes parents arrivent à Rio et je leur fait découvrir la ville. On passe de super bons moments ensemble. Je redoute le moment où je vais me retrouver seule de nouveau. Lorsque ce moment arrive je me sens abandonnée. J’ai encore l’image dans ma tête : nous quatre attendant leur bus pour l’aéroport, on est soudé tous les quatre, puis ils montent et là toute seule au bout du monde, retour à la case départ (je n’avais pas du tout eu ce sentiment lorsque ma mère était partie la première fois). Je n’ai que 3 ou 4 jours à attendre avant de rejoindre Mathilde mais ils sont bien trop longs. Mes amies me remotivent et me disent que je dois rester à Rio (merci les kikis!!) mais je sais que je veux rentrer.

Puis arrive mon super voyage dans l’hémisphère Nord, ça me fait un bien fou. Après des mois seule je retrouve une très bonne amie qui partage les même envies, les mêmes passions, les mêmes goûts que moi. Je respire de nouveau. Mais à peine le séjour se termine que je redoute déjà mon retour sur Rio. Avant d’arriver à Mexico, dans l’avion je surplombe tout Rio et je vois la ville telle que je la voyais avant d’arriver (genre Google Earth tu vois?) et je me dis que c’est la même que celle dont je rêvais un an avant, que s’est-il passé pour que je veuille la quitter aussi vite?

En rentrant à Rio, j’ai une semaine assez molle, je suis contente de revoir tous mes amis que je me suis fait ici mais je déprime à l’idée de reprendre cette routine. Entre temps j’ai déménagé, j’espère qu’habiter à Copacabana, à 200 mètres de la plage, me redonnera du poil de la bête. Je parle avec Lila qui me rassure en me disant qu’elle même lorsqu’elle a fait son année aux États Unis, elle ne s’était acclimatée que les derniers 4 mois. Je me dis à ce moment là, ouais, encore une chance, youpi! (c’est ironique, je n’y croyais vraiment pas). Mon nouveau semestre commence, on est en avril et là, gros déclic : je change mes cours et en prends un peu moins, je m’inscris dans une salle de sport, et surtout dés qu’on me propose de faire un truc qui me fait envie j’y vais, je ne me force pas à faire des trucs dont je n’ai pas envie sous prétexte que je vais peut être raté quelque chose. Je me met à fond dans l’ambiance Carioca : je laisse aller. Je ne me prend pas la tête si mes journées sont pas très productives, j’accepte que les gens ne soient pas ponctuels/prévoyants/organisés. Bref, je deviens un peu plus tolérante et plus tranquille. Et je pense que c’est ça le vrai secret, jamais je ne pourrais avoir la vie que je mène en France, ici à Rio. Ma vie à Rio est bien différente, forcément. Depuis ce déclic je vis plus au jour le jour sans prise de tête. Je profite de chaque instant. J’apprécie les brésiliens qui bien que parfois agaçants sont quand même super cool et super chaleureux. Mes amis ici ne remplaceront jamais mes filles en France mais les liens que j’ai noué avec eux sont tout de même très forts. Certes on n’a pas les mêmes caractères et on ne s’intéresse pas aux mêmes choses, mais ce qu’on vit ici, on l’a en commun. Oui la vie est belle, faites l’amour pas la guerre, le monde est remplie de bisounours!

Sérieusement, merci si vous avez lu jusqu’ici, je fais ce texte plus pour moi que pour autre chose. Je voulais moi même comprendre ce qui s’était passé dans ma tête et je crois que c’est ça. Je suis un peu déçue d’avoir commencé et profité des choses si tard. Du coup j’ai pas super envie de rentrer mais je préfère ça plutôt que d’être rentrée plus tôt ou bien que d’être restée dans cet état d’esprit fermé jusqu’à la fin. Après attention, les premiers mois passés n’ont pas été nuls, loin de là. C’est juste que j’espérais mieux sans me rendre compte que c’était en espérant qu’on se gâcher le présent. Aujourd’hui, je suis clairement triste de rentrer en France. À part ma famille et mes amis, rien ne me donne envie de rentrer en France (à part peut être les chocolatines et le foie gras). Je redoute de me retrouver au milieu des gens dans le métro tirant la gueule et se critiquant tous. Je redoute les jugements permanents qu’il y a entre les français. Ici j’ai plus confiance en moi et j’ai peur de tout perdre en rentrant. J’ai peur aussi de ne plus faire d’efforts comme ici et d’être pire qu’avant en retrouvant mon caractère français : je fais la gueule et je critique tout le monde (ben ouais, je critique les français mais je suis la plus française des françaises 😉 ). Bref que de choses à garder en tête, le meilleur est à venir et si c’est si nul que ça en France, les brésiliens sont super beaux et sexy, je me marierai avec un rentier et je passerai de beaux jours au soleil à parfaire mon bronzage (dit la meuf qui a passé la moitié de son année à s’ennuyer parce qu’elle avait pas de boulot ici…).

Voilà, j’ai fait ma J là non? (comprendra qui comprendra, en l’occurrence 5 kikis) Mais tout ça pour dire qu’il ne faut jamais baisser les bras (garde la pêche!), carpe diem comment qu’ils disent, on se prend pas la tête, on met son bikini fil dentaire et on fait la larve sur Copacabana! C’était l’histoire d’une pauvre fille qui s’ennuyait à Rio pendant que d’autres gens triment dure en tant qu’éboueurs à Dunkerque, désolée…

Je vous laisse quand même avec des photos pour justifier cet article trop long. Ce sont les fameuses photos en noir et blanc que j’ai pris pendant le séjour de mes parents. (Dites moi ce que vous en pensez mais j’aime pas trop le noir et blanc, ça fait triste, ça correspond plus à une ville comme Dunkerque que Rio) (désolée Dunkerque, j’y suis jamais allée mais je parle, je suis française que voulez vous, du sud qui plus est…)

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

Publicités

O gigante acordou

BRÉSIL, ERASMUS 2012/2013, RIO DE JANEIRO
1003852_10151525585674506_2050471914_n

100 000 manifestants sur l’avenida Rio Branco à Rio de Janeiro

Que se passe t-il en ce moment au Brésil?

Alors que la France est en train de se réveiller paisiblement en ce moment, une journée historique vient de se terminer au Brésil. Je pense que les informations vont arriver doucement là-bas vers le milieu de la journée mais, ici au Brésil, les journaux et les réseaux sociaux sont branchés depuis plusieurs jours sur les manifestations qui se déroulent dans tout le pays. Le géant se réveille.

Pourquoi?

Le 1er juin dernier les billets de bus sont passés de R$2,75 à R$2,95. 20 centimes d’augmentation à l’origine de toute cette révolte? Les médias ont d’abord fait passer cette idée là. Certes, ceci fut l’élément déclencheur mais l’eau bouillait déjà depuis longtemps avant de déborder. Comme tout le monde le sait le Brésil va accueillir en 2014 la Coupe du Monde de football puis en 2016 les Jeux Olympiques. Actuellement déjà, la Coupe des Confédérations est en train d’être jouée. Mais est-ce le peuple qui a pris cette décision? Clairement non, et au contraire, ces évènements ne sont vraiment pas les bienvenus. L’État va dépenser 30 milliards de dollars pour la coupe du monde (d’après la vidéo ci-dessous c’est plus cher que les trois dernières coupes du monde réunies) en construction de stade, en rénovations et transformations de certains quartiers. Pour cela, des familles vont être expulsées et leurs maisons vont être détruites (les habitants des fameuses favelas n’ont pas de titre de propriété). Certes cet argent va servir à « pacifier » certaines favelas, mais où vont les narcotrafiquants? pour combien de temps? Je vous avais d’ailleurs déjà dit que seules les favelas de la zone sud et du Maracana avaient été pacifiées, c’est à dire des quartiers où se trouvent tous les touristes. Alors le Brésil, un pays offrant plus à ses touristes qu’à ses citoyens? Car oui, Dilma l’a dit, ces évènements sont une grande publicité pour le Brésil et vont rapporter de l’argent. Mais où va cet argent? Et de la pub pour quoi faire sachant que les brésiliens ne sont pas fiers de leur pays tel qu’il est aujourd’hui? Le peuple brésilien aspire à un pays donnant accès à une éducation décente (rappelez-vous déjà lorsque je suis arrivée, mon université avait été en grève durant 5 mois), à un service de santé publique pour tous et surtout à une considération de ses habitants en tant que citoyens. Alors non ce n’est pas seulement pour 20 centimes que les brésiliens sont dans la rue aujourd’hui!

945120_10200745344170525_737048720_n

Coupe du monde : 33 milliards de dollars
JO : 26 milliards de dollars
Corruption : 50 millirad de dollars
Salaire minimum : 678 réais brésilien ( = 235€)
ET TU CROIS ENCORE QUE C’EST SEULEMENT POUR 20 CENTIMES?

Comment ça se passe une manifestation au Brésil?

La France est bien connue pour être un pays de grèves et de manifestations multiples, pour tout et n’importe quoi (d’ailleurs en ce moment, souvent pour n’importe quoi…) Mais imaginez un pays grand comme le Brésil  où un seul état fait la taille de la France, un pays qui compte trois fois plus d’habitants. Aujourd’hui, lundi 17 juin 2013, à Rio de Janeiro, plus de 100 000 personnes se sont réunies afin de manifester leur ras le bol. Après plusieurs appel à la manifestation via les réseaux sociaux, les cariocas se sont tous réunis dans le centre de Rio. Personnellement je n’y suis pas allée, j’aurais aimé mais j’ai eu peur… Car oui, si en France les fins de manifestations sont toujours un peu houleuses, imaginez au Brésil… Je ne veux pas que les lecteurs de ce message retiennent la violence que je vais évoquer mais il faut bien en parler. De ce que j’ai pu lire, les policiers ici font bien plus de ZÈLE qu’en France. Ils n’hésitent pas à user et abuser de gaz lacrymogène, à charger les manifestants voire les passer à tabac. À tel point que des consignes de sécurité circulent sur facebook pour être préparé à cette éventualité. Les conseils proposés sont, entre autre, de ne pas s’agiter car le gaz s’inhale plus vite en cas d’effort ; acheter au préalable des masques pour la bouche et le nez et des lunettes de plongée pour les yeux ; prendre une douche avant car la peau grasse capte plus vite les gaz… Un message d’avertissement a aussi circulé comme quoi la police essaieraient de mener les manifestants vers l’Aterro de Flamengo car à cet endroits, ils pouvaient balancer des gaz lacrymogènes sans aucune restriction. Je viens aussi de lire que la police avait utilisé de vraies balles et avait tiré, en l’air certes, mais tout de même! Sans parler bien sûr des flashball. De leur côté certains manifestants ne se privent pas non plus et bien sûr les casseurs et bagarreurs sont de la partie. Alors qui des deux « chauffe » l’autre, on ne saura jamais, mais avec des proportions pareilles j’ai préféré éviter de prendre le risque de me trouver au mauvais endroit au mauvais moment, d’autant plus qu’en tant qu’étrangère, je peux me faire expulser à tout moment, même sur un malentendu.

FILME 2,95 RJ from TRÊS FILMES on Vimeo.

Et les médias et les réseaux sociaux dans tout ça?

J’enchaîne directement avec la question des médias pour pouvoir revenir aussitôt sur ce que je viens de dire. Car oui, la violence est bien sûr présente dans ce genre de situation mais je ne veux pas faire comme les journaux télévisés ici, qui ne parlent que de ça. Vous vous doutez bien que sur 100 000 manifestants à Rio, les casseurs et les troubleurs de fête ne sont qu’une infime minorité. Car oui, la grande majorité s’est réunie pacifiquement. Et pour cela, les réseaux sociaux, notamment facebook y sont pour beaucoup. Bien que je n’y sois pas allée, j’ai reçu beaucoup « d’invitations » et toutes, sans exception, appelaient à manifester dans le calme, certaines même dans le silence ou encore vêtu de blanc. Bien que parfois connu pour son insécurité, le Brésil est surtout connu (et maintenant que j’y suis depuis presque un an, je peux confirmer cette réputation) pour son allégresse, sa joie de vivre et le respect pour autrui. Et c’est ainsi que les manifestations se sont déroulées. Beaucoup de mes connaissances sont fières de participer à ce grand moment du Brésil et sont fières que tous s’unissent pour un même combat. Et, pour aller plus loin dans ce processus de pacification, il y a mêmes des gens qui sont en train de se réunir pour, afin de donner l’exemple, aller nettoyer les rues demain matin et réparer les dégâts causés par les casseurs. Les brésiliens veulent montrer que c’est par amour pour leur pays qu’ils se battent et non pas par haine.

998668_475231989219496_1014222317_n

Pour en revenir aux réseaux sociaux, je trouve hallucinant la façon dont la population a réussi à s’emparer de ces moyens de communication afin de renverser l’information erronée donnée par les médias classiques. Grâce au partage de vidéos, images, textes, le peuple a réussi à montrer quelles étaient leurs véritables raisons et motivations. D’ailleurs, je ne vise pas si haut, mais si certains journalistes me lisent, s’il vous plaît, ne tombez pas dans la facilité du reportage cliché de la manifestation pour 20 centimes qui tourne au vinaigre. C’est bien plus que cela, renseignez vous!

En gros et pour finir, je trouve que ces manifestations sont un véritable exemple d’union d’un pays, de solidarité entre citoyens contre une situation qu’ils n’ont pas choisi, contre une injustice et pour un avenir meilleur. Même si je ne suis pas dans la rue avec eux, je les soutiens et j’espère que ce texte en est un bon témoignage.

Maquette terminée au Vale Encantado

BRÉSIL, ERASMUS 2012/2013

SONY DSC

Ça y’est la maquette est terminée. Directement après mon retour du Mexique je suis allée au Vale Encatado accompagnée de ma professeure Caterine Reginensi ainsi que de Claire. Ce dernier atelier s’est très très bien passé. Il y avait 5 enfants qui étaient bien motivés pour terminer. Ainsi on a pu travailler plusieurs heures. Les enfants se sont montrés très créatifs pour peindre les maisons et les « parois » de la maquette. Je pense qu’aujourd’hui ils sont satisfaits de leur travail et fiers de pouvoir montrer où se situe chaque lieu important de la favela dont leur propre maison. Sur les photos vous pourraient voir la maquette à chaque étape : la structure entièrement faite avec des matériaux recyclés : cartons d’emballages, bouteilles plastique, caisses en bois… ; le choix du tissus pour la recouvrir et faire le terrain ; le coloriage et la peinture des maisons ; la fabrication des arbres et des roches par Otavio ; et enfin le collage de ces éléments sur le terrain. Voilà, cette jolie aventure est maintenant terminée. Je suis très contente de cet échange que j’ai pu avoir avec les enfants, j’espère leur avoir appris des choses. Ce qui est sûr c’est que eux m’ont aidé à sortir des oeillères que les études d’architecture m’avaient posé, j’ai pu redécouvrir le plaisir des travaux manuels inventifs et naïfs comme une enfant. Parfois pour trouver la solution à quelque chose il suffit juste d’oublier tout ce qu’on a pu apprendre. Ici la maquette est loin d’être parfaite et à l’échelle mais elle est humaine et représentative du lieu et de la population.

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

SONY DSC

Merci à Claire pour m’avoir aidé et pour les photos.